Mardi 22 avril 2014 2 22 /04 /Avr /2014 00:22

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Ile de Nantes, 22 avril 2011

 

 

Je me suis longtemps demandé si je pouvais en parler. Quel sens cela aurait de parler de cette affaire qui semble n'avoir eu aucun sens, qui est allée si loin dans l'inhumanité qu'on pourrait avoir l'impression que jamais elle n'a eu aucune signification humaine.

On n'y fait presque jamais allusion, ici, mais on y pense, souvent. Cela rôde, cela hante, cela remue des ombres, comme un cauchemar qui s'obstinerait à traîner le jour dans les rues.


C'était il y a trois ans tout juste. Je me souviens très bien d'avoir pris en marchant cette photo un peu floue, que mon appareil a enregistrée à la date du 22 avril 2011. Stupéfaite de lire ces mots "cinq corps sous la terrasse", j'avais appuyé sur le déclencheur sans penser à cadrer.

Je venais de rencontrer, comme tant d'autres passants, Xavier de Ligonnès, le nouveau Barbe-Bleue de Nantes. Le lendemain, j'ai appris, avec toute la ville épouvantée, qu'il avait tué sa femme et ses quatre enfants, qu'il avait préparé leurs meurtres pendant des mois, qu'il avait traîné leurs cadavres sous la terrasse de leur maison nantaise pour les enterrer dans les trous emplis de chaux qu'il leur avait creusés. Qu'il avait même tué son chien pour l'enterrer avec les autres. Avant de disparaître. Totalement. Comme seuls les démons savent le faire. 

Je me souviens qu'il faisait un temps radieux, que la lumière d'avril avait une légèreté d'Éden, et que je m'étais dit qu'au moins, il les avait laissé vivre un peu de ce printemps menteur. Les gens posaient de gros bouquets de fleurs sur le seuil de leur maison marquée de scellés rouges. Et nous les voyions se faner chaque fois que nous passions en voiture.

 

Dans l'histoire de cet ogre à fusil, de ce Saturne dévorateur un peu Landru sur les bords, de ce triste Satan de province, ce qui sans doute nous a le plus troublés, ce fut de découvrir à quel point c'était un homme ordinaire, un Dupont habitant une maison ordinaire, avec une famille ordinaire, dans une des rues les plus ordinaires et "passantes" de la ville.

Car le diable, on l'imagine avec des cornes et une odeur de soufre, et, sous ce costume grandiloquent, on s'en accomode. Mais dans la réalité il en va tout autrement : le diable habite près de chez nous, il salue ses voisins, promène son chien le soir, et tond soigneusement sa pelouse... c'est même pour cela qu'il est le diable, n'est-ce pas, car de l'autre, celui qui ne peut nous ressembler, qu'aurions-nous donc à craindre ?

 

Beaucoup le croient mort aujourd'hui, ce Ligonnès, d'autres le supposent en fuite et se cachant tremblant, dans la honte et l'angoisse.
Pour ma part, 
je l'imagine bien plutôt menant à nouveau une vie ordinaire. Une vie simple et paisible qu'il aurait commencée avant son crime peut-être, bien avant, sous une autre identité évidemment très ordinaire.

Il se serait installé quelque part, dans un village, par exemple, en Français moyen retapant une bicoque depuis des années, puis venant tranquillement s'y installer vraiment, après, connu déjà de tous, sans que personne ne puisse voir en ce brave homme si familier l'homme recherché sont on parlait à la télévision. A force de fréquenter le café des sports, il aurait grossi jusqu'à brouiller de graisse ses traits montrés partout sur de mauvaises photos. Ou bien il aurait le crâne chauve, une moustache de gaulois, un sourire de Dupont Lajoie. Un nouveau costume d'homme ordinaire. Il ne peut pas en aller autrement.

Car le diable est un homme ordinaire, je vous dis, foncièrement ordinaire. C'est pour cela qu'il est le diable.





Par Carole - Publié dans : Nantes
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Lundi 21 avril 2014 1 21 /04 /Avr /2014 00:24

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Un commandant à casquette, une belle voyageuse... A la fenêtre de la  péniche depuis si longtemps immobilisée à quai, on avait malicieusement exposé ces deux visages inattendus, plus évocateurs des circuits en avion ou des croisières de luxe que d'une simple promenade sur la modeste barge qui vieillissait là.

Dans le décalage calculé de la dérision, sous l'ironique antiphrase, il y avait, comme bien souvent, beaucoup de profondeur, et de quoi méditer.


Pour voyager luxueusement, somptueusement, pour voyager vraiment, on n'a besoin ni d'aller loin, ni d'aller vite, ni d'aller cher, ni de voler dans les airs, ni de manger à la table d'un capitaine engalonné, ni d'avoir un destin de star.

On n'a besoin de presque rien.

Une simple péniche, un vieux bateau de bois que lestent de gros pneus, c'est bien assez, pour s'en aller rêver sur les eaux lentes et vertes qui innervent la terre, et pour glisser, tout près de soi, entre les rives herbeuses plantées d'arbres pensifs.

Jeter son ancre au fond des roselières, s'agripper à ce qui fléchit.

Entendre dans le soir le froissement des vagues, quand les troupeaux de cygnes remontent vers les sources.

Suivre là-haut le grand remuement des étoiles qui bâtissent les mondes.

S'endormir à la voix du rossignol, se réveiller au chant des oiseaux nouveau-nés.

Fouler dans l'herbe la rosée qui fume et le parfum des fleurs qui s'ouvrent.

Sur les chemins de halage marcher sans hâte en tirant le temps par sa longe.

Glisser d'une écluse à l'autre, grimper sur ces escaliers d'eau comme on irait, par des lacets, aux collines du ciel.

Partir pour arriver juste un peu plus loin que son point de départ, mais s'y rendre en passant par les reflets, par les errances et par les ombres, et surtout par soi-même.

On n'a besoin de presque rien pour ce voyage-là.
On n'a pas même besoin d'une péniche.
Une simple barque nous suffirait. 

On pourrait tout à fait ne pas partir du tout.

Rester à quai sur la péniche arrêtée au soleil, ou sur la barque immobile qui tangue un peu, trouver le ciel et les nuages dans leurs reflets qui passent.

Rester assis sur un banc du rivage, regarder danser sous le vent une petite vague traçant en cercle son long chemin toujours le même.

Et ainsi s'en aller loin, très loin, si loin que, là où l'on va, bien peu de ceux qui vont partout en avion, en train, en paquebot pourraient nous suivre.


Par Carole - Publié dans : Fables - Communauté : Liberté photo et picturale
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Dimanche 20 avril 2014 7 20 /04 /Avr /2014 01:45

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"Tu sauras que "musardise" signifie rêvasserie douce, chère flânerie, paresseuse délectation à contempler un objet ou une idée... Tu sauras que, suivant certaines étymologies, "musarder" veut dire avoir le museau en l'air, ce qui est bien le fait du poète." (Edmond Rostand, Les Musardises)

 

Ce musard bleu attendait à quai, posé sur le reflet des arbres, tirant un peu sur sa laisse rouillée. Après la pluie il avait conservé, au creux de son museau, un peu de l'eau du ciel.

Moi, l'éternisant, pour l'amuser je lui parlais, poétisant tout bas :

"Musardons, mon musard, puisqu'à musarder tu m'invites, musaraigne du flot.

Musardons pour amuser la Muse, l'enjôleuse musarde qui ne sourit qu'à ceux qui musent, aux nonchalants qui usent, abusent et jamais ne mésusent des douces musardises.

Musardons aux murmures de l'eau, aux reflets musagètes, à tout ce qui infuse.

Musardons, paressons en musarderies, posons-nous sur les mots qui sinuent et qui muent, sur les phrases profuses et les pensées diffuses.

Musardons, oublions la Camuse, qu'elle en reste confuse, cette absurde fâcheuse, cette obtuse faucheuse.

Musardons, qu'aucune crainte creuse, qu'aucune ruse abstruse ne vienne museler notre musette. Et puis, que la musique fuse, qu'elle soit juste, qu'elle soit forte, qu'elle soit douce, qu'elle soit âpre, qu'elle soit nécessaire à ceux qui nous écoutent, et même à ceux qui nous accusent !

Il ne nous faut rien de plus.

Car à ceux qui savent musarder, qu'on appelle poètes, la Muse donne tout ce qu'aux autres elle refuse."


Par Carole - Publié dans : Fables - Communauté : Liberté photo et picturale
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Vendredi 18 avril 2014 5 18 /04 /Avr /2014 01:50

!

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Il est si étonnant, en effet, ce compteur électrique planté dans le rocher, vissé dans les vieux os de la ville ! Il est si surprenant ! tellement incongru ! Depuis tant d'années, chaque fois que je longe l'église Saint-Nicolas, je me dis que vraiment... ah ! vraiment ! C'est bizarre ! c'est si peu à sa place ! Alors il fallait bien qu'un jour quelqu'un le remarque, et l'écrive en passant !

Je ne sais plus qui a dit : "Ponctuer une phrase, c'est la faire vivre" ? – l'auteur de cette formule est si obscur d'ailleurs, si anonyme, si introuvable, que cela ne peut, à la réflexion, qu'être moi...

Et quand bien même ce ne serait que de moi... je veux l'écrire ici, tout près de ce ! magistral !

Car plus je le regarde, ce !, plus il me plaît. Il y a beaucoup dans ce ! Il y a tellement dans un !. Il y a des mondes et des foules dans ces ! que nous semons partout sans y penser. Car qu'est-ce que ! ? 

sinon

s'exclamer !

s'étonner ! 

s'amuser !

s'indigner !

s'emporter !

admirer !

célébrer !

déplorer !

désirer !

regretter !

adorer !

détester !

raffoler !

exagérer !

ordonner !

refuser !

dire oui !

crier non !

et cætera !

sine qua non !

ad libitum !

Qui donc a dit : "! résume, ! contient, ! ponctue toute l'humanité ! "

? !

 

 

 

Par Carole - Publié dans : Fables - Communauté : Liberté photo et picturale
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Jeudi 17 avril 2014 4 17 /04 /Avr /2014 01:20

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      L'ambulancier avait refermé doucement la porte. Et René sut qu'il était seul.

    Pour la première fois depuis les longs mois d'hôpital où l'impossibilité de la solitude avait été comme l'envers réconfortant de sa totale et effroyable dépendance, il était vraiment seul. Il se sentit d'abord surpris que nul ne se portât à sa rencontre, chercha machinalement une infirmière qui ne venait pas, se souvint. Puis, regardant autour de lui, il s'étonna d'avoir pu vivre pendant tant d'années dans cet appartement qu'il reconnaissait mal. Tout lui semblait lointain, aussi bizarre et déplaisant que ses jambes immobiles, que son bras gauche raidi, que les mots déformés qui sortaient de sa bouche à demi paralysée. Il lui fallait tracer avec le fauteuil des chemins nouveaux sur la moquette usée dont le vert sali se creusait de sillons bruns [...]

 

Suite du récit à lire sur mon blog de nouvelles cheminderonde.wordpress.com

Par Carole - Publié dans : Récits et nouvelles
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Mardi 15 avril 2014 2 15 /04 /Avr /2014 01:24

démolition route de Paris

 

Je m'étais arrêtée pour photographier cette maison en démolition, route de Paris. C'était dimanche, et dans le trou dévasté de frais, les machines se reposaient en contemplant leur oeuvre, comme des soldats de 19 flânant dans les villages de la Meuse. 

— Et alors ?

— Eh bien... vous savez ce que c'est, lorsqu'on prend des photos de ce que les gens voient tous les jours sans le voir... : on croirait qu'on vient de braquer un projecteur sur un voisin d'apparence banale, tout à coup changé en acteur, en criminel ou en victime... "Tiens, disaient les passants, ils l'ont bien désossée, ça fait drôle tout de même..."


Rien de plus ordinaire dans nos grandes villes enfiévrées, que ce spectacle d'une vieille maison qu'on éventre. Il y a pourtant là quelque chose de violent, d'indécent. Comme si on ouvrait devant tous un très vieux coeur humain, saignant la rouille et la suie grasse, étalant aux regards ses tapisseries de fleurs fanées, ses fenêtres battant sur le vide, ses portes murées, ses placards à secrets tout emplis de gravats, et tous ces mots incompréhensibles, rageurs ou tremblotants, qui étaient venus alourdir peu à peu l'édifice lézardé des pensées.

On les salue un instant au passage, comme on salue aux enterrements, sans y penser longtemps, se disant vaguement qu'on aura bien son tour aussi, un jour. Et on médite en secret de revenir voir travailler la grue énorme et jaune qui montera vers le ciel la construction nouvelle. C'est si fascinant, n'est-ce pas, un chantier bourdonnant, un immeuble en éveil, une ruche de béton qui grandit dans ses alvéoles de métal...


Une vieille, très vieille femme, s'est arrêtée comme les autres. Elle a regardé un moment, un long moment, silencieuse, la maison en lambeaux que sans doute elle avait connue jeune et coquette, puis elle s'est éloignée. Sans un mot, résignée et voûtée. 

"On ne peut pas être et avoir été", a dit quelqu'un derrière moi. 

J'ai repensé à ce verbe "prendre" qu'on associe toujours au mot photo. Prendre une photo, prendre des photos, rien de plus juste. En partant j'ai ramassé aussi sur le sol un morceau de ciment qui s'émiettait. Il faut toujours prendre au temps ce qu'il nous laisse prendre.


 

 


Par Carole - Publié dans : Fables
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Dimanche 13 avril 2014 7 13 /04 /Avr /2014 00:33

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    ... car à force d'aller dans le sens du vent, toujours au bon moment, toujours du bon côté, on s'use et on s'essouffle. Forcément. On a beau veiller au grain et retourner sa manche, il vient un soir où l'on ne vole plus aussi bien dans l'air du temps. On croit encore, au grand bal des girouettes, danser sous les tempêtes et s'enfler aux bourrasques, mais on ne tourne plus que sur soi-même, drapeau troué, haillon en berne. De suroît en noroît, de zéphyrs en soupirs, de concessions en désertions, lambeau après lambeau, comme la plume au vent, on y laisse ses ailes. Avant de retomber, ballon crevé, chiffon d'hier, dans le panier sans fond de l'éternel oubli.


    C'est curieux comme on vieillit plus vite, quand on a été trop longtemps dans le vent.

 



Par Carole - Publié dans : Fables
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Vendredi 11 avril 2014 5 11 /04 /Avr /2014 00:51

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Longtemps, j’ai écrit bateau bâteau. Avec un accent circonflexe. J'aimais tant dessiner cet accent – comment aurais-je su que ce signe, tardivement introduit en français par d'abstrus grammairiens qui l'importèrent du grec, était l'un des plus artificiels de notre langue ? – je le trouvais si beau... Et, depuis mon rivage d'enfant réinventant le monde, cette petite voile, cette vague rieuse, ce drapeau dans le vent, ce coup de chapeau léger d'une aile circonflexe, me semblaient revenir de plein droit, d'éternelle et maritime nécessité, à l'idée de bateau.

De ce simple mot bateau, abstrait, distant, insaisissable, poussant jusqu'à leur terme les leçons de mes livres d'orthographe qui m'imposaient de donner sens à tout,  je faisais un idéogramme - ou plutôt, je crois, un origami, quelque chose qui avait la forme naïve de ma pensée.

ll me fallut cependant bien vite apprendre que mes petits b^^a^^teaux – châteaux de mes rêves entêtés, bâtiments démâtés, pâles fantômes enchevêtrés, flâneurs des îles et rôdeurs des tempêtes – n'étaient que gribouillis d'âne bâté, fautes infâmes à rayer d'un trait rouge.

Devant tant de rouge en colère, j'ai fini par rentrer dans sa coque de noix mon pauvre accent condamné par l'Académie. Et pourtant... et pourtant, aujourd'hui encore, le joli circonflexe est toujours là qui rôde, en mouette rêveuse, prêt à venir se poser à la proue, chaque fois que mon crayon, glissant d'un coup de vent, se risque à le remettre à flot, ce mot b^^a^^teau qui vogue, emporté vers lui-même, sur les papiers qu'il froisse...

 

L'orthographe, aux règles si complexes qu'elles défient le bon sens, l'orthographe impossible à réformer,


expression du désir d'ordre et d'autorité,

de l'amour de la tradition,

du goût de s'en remettre à plus savant,

du désir d'exclure ceux qui ne savent pas,

 

acharnement jusqu'à l'absurde de la raison raisonnante,

chasse donnée à la fantaisie,

haro sur le futur et les transformations,

déni souvent de la simple réalité,

 

mais aussi source de toutes nos révoltes,

incitation à la rébellion apprise dès l'enfance,

porte des rêves où les lettres s'enfilent comme des perles,

douce invite à la poésie qui donne tout leur poids aux mots,

 

l'orthographe, donc, telle qu'on la conçoit dans ce pays, armée de lois en plusieurs tomes et de redoutables dictées, me semble être beaucoup plus qu'une science anodine : une vision du monde, à la fois forte et étouffante, sévère et fascinante, tout à fait suspecte, et pourtant féconde, à sa façon.

 

Je crois le culte français de l'orthographe comparable au culte confucéen du rite, en Chine.

Et de l'orthographe, comme de Confucius, je ne sais ce que l'avenir fera.

 

Par Carole - Publié dans : Fables - Communauté : Liberté photo et picturale
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Mercredi 9 avril 2014 3 09 /04 /Avr /2014 20:37

confettis-bombe.jpg

 

Tout à l'heure en rentrant j'ai croisé dans les rues le joli carnaval des enfants – le carnaval du mercredi, réplique en miniature du grand carnaval du dimanche. 

J'ai photographié au passage cette cantine joyeusement achalandée, qui fournissait aux petits fantassins de la fête des bombes et des épées à bulles, un arsenal de confettis et de ballons à lancer sur la ville.


Qui donc a dit que le carnaval est le monde à l'envers ? Il m'a semblé plutôt que c'était le monde à l'endroit. Celui où l'on ne guerroie que pour rire, où l'on ne tremble que de joie, où l'on ne crie que d'espérance, dans les villes dont les rois tout à coup sont devenus des enfants.

Seulement le monde est si maladroit. Il saute, il danse, il cavalcade, il rebondit, il s'en donne à coeur joie sur les grands chars du carnaval... – mais toujours il trébuche et retombe à l'envers, rouge et le front bosselé de cornes.

 

diable-carnaval-copie-1.jpg

 



Par Carole - Publié dans : Nantes
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